Lorsque vient le temps de faire un choix de carrière, identifier le type d’entreprise dans lequel nous souhaitons œuvrer peut être tout aussi important que le choix du métier en tant que tel. Nous vous proposons aujourd’hui un article paru sur le site Workopolis le 13 juillet dernier, rédigé par Sandra Mathieu. Ce texte vous en apprendra davantage sur le milieu communautaire et vous amènera à vous questionner si c’est un milieu qui pourrait vous convenir. Bonne réflexion!

Communautaire


Le communautaire est un monde particulier, loin des considérations corporatives et tout près de la dimension humaine. Une intervenante expérimentée de ce secteur nous parle des avantages et des particularités de travailler dans ce domaine.

Lorsque l’on questionne Amélie Lafortune-Lauzon sur les qualités essentielles du travailleur communautaire, elle répond sans plus de préambule : « Il faut avoir la flamme, être prêt à s’engager réellement pour la cause et vouloir changer le monde. » À son ton, on imagine au bout du fil l’agente de recherche et de développement communautaire pour la Corporation de développement communautaire de Laval (CDCL) gesticuler toute sa passion.
Elle confie que ce qui l’a guidée vers ce milieu, au départ, est avant tout l’amour de l’humain. Celle qui, depuis près de 10 ans, gravite autour des sphères de la solidarité internationale et du communautaire autonome dévoile également que le sens de l’initiative, la créativité, la flexibilité et l’écoute sont essentielles si on veut y être heureux et efficace.

Les beautés du secteur communautaire
« Je vois plusieurs avantages à travailler dans ce milieu, dont l’omniprésence du mouvement, souligne-t-elle. J’aime sentir que les choses bougent concrètement et contribuer au changement, même si parfois c’est à petite échelle. Contrairement à bien d’autres travailleurs, je ne me sens pas dépendante de la bureaucratie. »
Même si le travail communautaire est rarement synonyme de salaire concurrentiel pour toutes les heures travaillées, elle précise que le milieu est très critique par rapport à sa propre condition. La maman de deux enfants avoue bénéficier d’une belle flexibilité au chapitre des horaires de travail dans ce secteur qui privilégie l’humain plus que la performance. « La conciliation travail-famille est au cœur des préoccupations, et ce milieu est ouvert à chaque personne telle qu’elle est. La pression qui nous pousse au rendement vient de nous-même et non d’un supérieur », ajoute-t-elle.

Les défis du milieu
La principale difficulté aux yeux d’Amélie est sans contredit la reconnaissance, puisque le communautaire est souvent associé au bénévolat et à la vocation. « Nous sommes en lutte constante pour la valorisation de notre travail et, bien sûr, pour le financement », précise-t-elle.
Comme les enjeux sont nombreux, elle concède devoir régulièrement se mettre à jour, analyser et maîtriser les situations économiques et politiques en mouvance pour ensuite ajuster les stratégies et les actions en conséquence.

Le profil de l’emploi
Il faut, selon elle, éviter de percevoir le communautaire comme un tremplin vers autre chose. De plus, la logique corporative et la recherche de profit à tout prix n’ont pas leur place ici. « Quelqu’un qui a une vision peut très bien trouver sa place dans ce secteur, mais il doit éviter de l’imposer et plutôt se mettre en position d’écoute, fait valoir Amélie. Dans le communautaire, on travaille tous ensemble pour obtenir de meilleures conditions ! »
Bien qu’il y ait autant de parcours que de travailleurs communautaires, on y trouve plusieurs travailleurs sociaux, des bacheliers en animation et recherche culturelles, des maîtres en sciences politiques (comme c’est le cas pour Amélie), des sociologues, des psychologues et des diplômés en administration. Quoi qu’il en soit, la mobilisation, l’idéalisme, le leadership et l’esprit démocratique sont des mots clés de premier plan.

Partager, participer, s’activer… voilà ce qui anime Amélie. « Je me vois passer ma vie dans ce milieu qui est tout à fait en phase avec mes valeurs et ma personnalité », conclut-elle.


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