Voici un article fort intéressant pour tout savoir sur le programme de reconnaissance des acquis et des compétences (RAC), écrit par Hélène Dupont et paru dans le Journal Métro de Montréal le 3 mai 2016.

Diplôme vs job

Le programme de reconnaissance des acquis et des compétences (RAC) permet d’obtenir un diplôme de niveau secondaire ou collégial en fonction de son expérience de travail. Présentation d’un cheminement de formation pas comme les autres.

Qu’est-ce que la RAC?
C’est un programme qui permet aux individus ayant acquis des compétences professionnelles à l’extérieur du cadre scolaire de faire valoir ces apprentissages informels pour obtenir un diplôme décerné par un cégep ou une école professionnelle. Ce diplôme a la même valeur que celui qu’on obtiendrait au terme du programme d’études équivalent.

Les expériences prises en compte proviennent au premier chef des emplois occupés, mais elles peuvent aussi avoir été obtenues dans le cadre de formations non créditées, de bénévolat et même de loisirs, et ce, au Québec ou ailleurs.

À qui s’adresse le programme?
«Il n’y a pas de profil type, indique France St-Amour, coordonnatrice au bureau de la RAC du Cégep Marie-Victorin. C’est un programme intéressant pour les immigrants, mais aussi pour les travailleurs nés ici. Il s’adresse à toute personne qui a une expérience significative liée à un domaine d’études.»

Pour quoi faire?
L’obtention d’un diplôme par RAC est particulièrement utile quand vient le temps de chercher un nouvel emploi. Elle aide à faire valoir ses compétences auprès des employeurs potentiels.

«Pour les immigrants, la RAC facilite l’intégration au milieu de l’emploi, puisqu’elle leur permet d’obtenir un diplôme d’ici», précise Andrée Langevin, coordonnatrice du Centre d’expertise en reconnaissance des acquis et des compétences pour le réseau collégial québécois.

Selon France St-Amour, la RAC a aussi pour vertu de développer la confiance en soi : «Plusieurs diplômés nous parlent de leur sentiment de fierté quand ils reçoivent leur diplôme.»

Par où commencer?
Des dizaines de programmes d’études sont offerts en RAC. Ils vont de l’administration à la santé, en passant notamment par les métiers d’art, la mécanique, les services sociaux et la programmation web.  Comme l’offre de programmes varie d’une institution à l’autre – et d’une région à l’autre –, l’idéal est de consulter d’abord le portail Reconnaissance des acquis. Par la suite, la meilleure porte d’entrée vers la RAC sera un organisme régional, qui vous dirigera vers les établissements offrant le programme correspondant à votre profil. Dans la région métropolitaine, par exemple, l’organisme Qualification Montréal joue un tel rôle.

Comment ça marche?
Après avoir participé à une rencontre de présentation de la RAC, les candidats constituent leur dossier et procèdent à une autoévaluation. «Les programmes sont présentés sous forme de listes de compétences, plutôt que par cours, explique Mme Langevin. De cette façon, les candidats peuvent voir s’il est pertinent pour eux de s’engager dans le processus.» Le dossier est ensuite examiné par un conseiller, qui analyse le degré de maîtrise des compétences indiquées par le candidat. Cette étape inclut une entrevue.

Si certains objectifs du programme ne sont pas atteints, une formation complémentaire est proposée. Celle-ci peut prendre la forme d’un stage, de lectures guidées ou de cours en formation continue.

L’ensemble de la démarche prend généralement de 7 à 12 mois en ce qui concerne les DEC et AEC.

Pour le DEP, l’étude du dossier prend environ deux mois, indique Gaston Amiot, conseiller en gestion de personnel et responsable de la RAC au Centre d’études professionnelles Saint-Jérôme. Le spécialiste précise toutefois que lorsqu’une formation supplémentaire est requise, le processus peut prendre jusqu’à deux ou trois ans, en fonction de la disponibilité du candidat.

«C’est un parcours très individualisé. Le candidat choisit les délais et progresse à son rythme. Il ne faut pas oublier que la majorité des candidats doivent concilier le travail, la famille et les études», rappelle Andrée Langevin.

Combien ça coûte?
Au secondaire, l’étude du dossier est gratuite. Au collégial, on peut s’attendre à débourser environ 90 $ pour l’ouverture du dossier, puis de 40 $ à 50 $ par compétence à faire reconnaître. Les frais varient légèrement d’une institution à l’autre.

Au Cégep Marie-Victorin, plus de 800 candidats étaient en démarche de RAC l’automne dernier. Et selon Andrée Langevin, de 80 % à 90 % d’entre eux obtiendront le diplôme convoité. «Les gens ne soupçonnent pas à quel point ils sont compétents!» souligne-t-elle.

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